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INDE MA MERE,
YOGI MON PERE
Gaura Krishna
(paru en France 1991,
en Inde dans 'Tattva Darshana', Madras, en 1991,
dans 'Indu Tourism News' 15-30 Nov. 1999
et dans Saranagatam, avril 2002)
Yogiji aimait particulièrement
aimé cet article; il le faisait lire et relire.
Il voulait le faire imprimer pour qu'il soit distribué.
Quand le livre Souvenir 95 allait être édité,
il a demandé que cet article
figure parmi les premiers.)
Aller en Inde en voyage organisé ou
en touriste, pour voir ou visiter, c'est en revenir avec des
images d'Epinal et des jugements préconçus. L'Inde
n'est pas un pays qui se voit ou se visite, c'est un pays qui
se vit. Revenir dde l'Inde avec en tête le Taj Mahal et
la misère, c'est y être allé pour rien, être
passé à côté de tout, n'avoir rien
compris parce que rien vécu.
Pour voir l'Inde, il faut s'oublier, oublier
tout son environnement familier, son quotidien, ses habitudes,
sa manière de vivre, son bagage mental. Cela oblige à
un effot de total oubli de son ego qui s'avèrera une renaissance
à soi-même, une véritable découverte
de soi-même.
L'Inde est un pays pour se découvrir
soi-même, et non pour découvrir de nouvelles choses
qui satisfont les désirs mentaux et matériels.
Car voilà bien toute la différence : alors que
l'Occident pousse l'homme à n'avoir pour désirs
que des choses extérieures à posséder que
la publicité renforce en lui créant de nouveaux
besoins très loin de son nécessaire, à ne
plus voir que l'extérieur et à s'oublier lui-même
intérieurement, se rendant complice de toute pollution
morale et matérielle, participant au massacre de sa mère
qu'est la nature; en Inde l'homme a comme but de se trouver lui-même.
Telle est la richesse de l'Inde, le pays le plus riche de la
terre : la richesse intérieure de l'homme. L'indien voit
sa Mère dans la nature et la respecte. Il voit l'autre
comme un autre lui-même et non comme un concurrent, et
il le respecte. L'hospitalité indienne est légendaire.
La richesse de l'Inde est dans le coeur de ses habitants.
En Occident, la valeur de l'homme est mesurée
à sa richesse matérielle. Les gens courbent l'échine
devant le riche. Le mendiant est pourchassé, honni. En
Inde seule compte la valeur intérieure et quelquefois
le mendiant est considéré comme une incarnation
divine même par le plus riche qui vient se prosterner à
ses pieds.
A Tiruvannamalai, dans le Sud de l'Inde, vit
un tel mendiant. Son nom est YOGI RAMSURATKUMAR. C'est une montagne
spirituelle, un grand sage. Lui ne se considère que comme
un pauvre mendiant, mais cet hommes, qui ne possède rien,
possède tout : il s'est trouvé lui-même.
Il est l'humilité incarnée, et pourtant il a une
culture incroyable. Sa conscience est universelle, et il est
pourtant comme un enfant. L'Occident ne verra en lui qu'un miséreux,
alors qu'il ert une perle de la terre. On peut passer à
côté de lui sans le voir pour aller, avec son appareil
photo, visiter le temple près duquel il habite; on peut
aussi, si l'on s'oublie soi-même, le voir et il n'est plus
besoin d'aller visiter le temple, parce qu'il est le temple lui-même
et la Divinité qui y réside. Plus besoin de photo
parce que sa présence sera toujours en vous.
Il n'est pas un de ces faux gurus qui viennent
en Occident pour se faire des disciples. Ces gurus ne sont que
des commerçants qui profitent de la crédulité
des occidentaux "paumés" intérieurement,
tout comme en France certains vendent des amulettes aux naïfs.
Lui ne cherche aucunement à se faire connaître.
Non. Imaginez un enfant, dans toute sa simplicité, mais
en plus qui connaisse tout et qui connaisse le tréfonds
du coeur de chacun, et qui donne tout ce qu'il a ou qu'on lui
offre. Tel est YOGI RAMSURATKUMAR.
On peut aller en Inde avec comme but de se
faire un bel album photo en revenant. On peut aussi y aller pour
se trouver soi-même. Le miséreux indien est bien
plus riche que nous. Il a tellement à nous apprendre !
Mais nous, égoïstes de nos richesses matérielles
n'avons même pas un regard ou une pensée pour celui
qui peut tout nous donner et la seule chose que nous pourrons
emporter à notre mort : nous-mêmes. |