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"Yato vâcho nivartante aprâpya manasâ sa" - "Là où les mots s'en retournent, que le mental ne peut atteindre" Voilà comment les anciens sages ont parlé de la Réalité Ultime "d'où tout apparaît, part laquelle tout est soutenu et dans laquelle tout se fond." Rechercher et réaliser la réalité est le sens et le but de la vie selon les voyants qui ont proclamé la Vérité. En écho à la sagesse des anciens, le grand Acharya Shankara déclare dans in Viveka Chudaamani : manushyatvam mumukshutvam mahâpurusha samsrayam". "Trois choses en vérité sont rares et se produisent par la Grâce Divine : une naissance humaine, le désir ardent pour la libération et le soin attentif d'un grand précepteur." Celui qui les obtient tous les trios est élevé au statut du Divin et il devient un tirthankara - qui permet aux autres âmes en esclavage de traverser l'océan du samsâra. Les Avataras ne descendent pas d'autres planètes ou du ciel. Ce sont des êtres humains qui s'élèvent jusqu'à cet état par leur sadhana dans la vie humaine. Âtmânam mânusham manye dasaratâtmajam - "Sache que je suis un homme, le fils de Dasaratha", proclamait Sri Rama que nous adorons comme maiyâdâ purushottama - l'Homme Idéal. Nous vivons à l'âge de la raison. La croyance en Dieu basée sur la peur ou sur l'envie de faveur laisse aujourd'hui la voie à la compréhension correcte de la Vérité Ultime de toute existence par le sondage dans le domaine physique et, de là,, dans le domaine métaphysique de l'existence. Ce que la science moderne découvre aujourd'hui par sa pénétration dans le monde extérieur - que la Réalité Ultime n'est rien qu'une Force de Conscience - a été réalisé dans leur vision intuitive par les voyants védiques qui nous ont donné les Upanishads - leurs découvertes dans leur pénétration dans leur royaume intuitif. Mais une simple compréhension intellectuelle de la Sagesse Upanishadique n'est pas le but de la vie. Elle doit devenir l'expérience de chacun dans sa conscience intuitive. La raison humaine commence ainsi son voyage dans la voie de la sadhana pour rechercher la vérité, et cela est mumukshatva. Il y a des années, ce sadhu a posé à son sikshâ guru, Swami Chinmayananda, une question simple pour obtenir un éclaircissement sur un sloka de la Mândukya Kârika. Le Swami s'écria : "Assez avec la lecture des Upanishad. Jetez vos livres d'Upanishads dans un fossé et commencez à faire une sadhana." Le grand Advaitacharya, interprète fameux de la Gita et des Upanishads, ne voulait pas insulter les textes mais il voulait mettre profondément dans la tête de son élève la vérité selon laquelle la connaissance doit conduire à la sadhana. Le vénéré Rajaji dit aussi : "La connaissance, quand elle devient pleinement mure, se transforme en Bhakti. Si elle ne se transforme pas en Bhakti, une telle connaissance n'est que du clinquant inutile." C'est ainsi que vint dans la vie de ce sadhu Mère Mayamma, apparemment illettrée, sale, mendiante, qui était assise sur les rives de l'Océan Indien à Kanyakumari. La vanité intellectuelle qui empêchait au début de se prosterner devant une mendiante d'apparence laide, sale, folle, adorée par de nombreux dévots fidèles comme Mère Divine laissa bientôt la voie à un appel irrésistible de la Mère et le poussa à s'asseoir à ses pieds et à donner libre cours aux sentiments de sono intense dévotion envers elle. Elle envoya alors ce sadhu vers un autre 'mendiant fou' qui se trouvait dans l'enceinte du Seigneur Arunaleshvara à Tiruvannamalai. Ce soir là, alors que ce sadhu se présentait devant son Maître qui semblait à première vue être un "mendiant excentrique qui inspirait le respect", les derniers vestiges de l'orgueil égoïste de l'étude et de l'érudition dans la philosophie commença à tomber comme des échaffaudages délabrés à l'arrivée d'une trombe. Ce sadhu réalisait peu à ce moment là que cette personnalité socratique allait bientôt devenir son dikshâguru. Tant que l'ego et les désirs égocentriques
demeurent en notre cur, la grâce du Guru n'y entera
jamais. Le Maître a tenu les mains de cet humble disciple
pendant des heures, les vibrations créées par Son
toucher Divin balayant et nettoyant les cavités intérieures
du cur de toutes les vâsanâs qui s'étaient
accumulées le long de plusieurs naissances. Ce jour fut
un jour inoubliable de 1984. Mon Maître avait l'habitude de chanter souvent que ce grand pays de Bharatavarsha est le pays où les rois et les empereurs ont fait leurs grands yagas. Ce pays est la Karma bhumi, Tapo bhumi, Moksha bhumi des âmes dirigent leurs pas dans leur chemin vers Dieu. Depuis des temps immémoriaux, ce pays a été béni par l'avènement de grands sages et de grands voyants, de sadhaks et de savants de l'humanité. Ils ont été les phares qui guident les bateaux des vies humaines sur le vaste océan du samsara. Svam svam charitram siksheran prithivyâh sarvamânvâh" "Que l'humanité partout dans le monde apprenne le sens et le but de leurs vies des précepteurs de ce pays béni." Tel était l'appel des grands rishis. Mon Maître, Yogi Ramsuratkumar, est aussi venu dans la lignée de ces grands maîtres. Et, comme le grand précepteur des précepteurs qui s'asseoit sous un grand banyan et délivre la plus grande des sagesses par le langage du silence, mon Maître parle aussi par ses yeux et allume la sagesse et la dévotion dans le cur de ceux qui affluent vers Lui. "La Montagne Arunachala ne bouge jamais", dit-il à chaque fois que quelqu'un l'approche pour lui demander de rendre visite à son lieu d'habitation pour qu'il confère sa grâce sur le dévots. Et il ne fait jamais de discours ni n'écrit de livres ou d'articles. Il y a une dizaine d'années un couple de Sud-africains est venu le voir et le pria d'honorer de Sa présence les Indiens établis dans cette terre lointaine et de leur transmettre la connaissance spirituelle, à eux qui était loin de leur Patrie. Mon Maître rit bien fort et dit de manière joviale : "Ce mendiant n'est pas un professeur. Son Maître ne lui a appris qu'une ligne : AUM SRI RAM JAI RAM JAI JAI RAM et a dit que c'était assez pour lui." Lançant un regard à ce mendiant assis à côté de Lui, Il fit remarquer avec un apparent sarcasme : "Prenez le Professeur Rangaraja. Il fera des conférences." Ce sadhu prit cela pour une blague. Mais, à notre grande surprise, cela se matérialisa. Ce sadhu quitta les rivages de ce pays l'année suivante même pour passer trois mois en Afrique du Sud pour donner des conférences et des discours dans diverses institutions et organisations, et pour éditer Yoga Lessons for Children, une édition prestigieuse de la Divine Life Society d'Afrique du Sud, publiée pour commémorer le centenaire de Swami Sivananda. Cette visite à l'étranger permit à ce sadhu de prendre conscience de la supériorité de la sadhana et de bhakti sur la pure connaissance intellectuelle. Les gens pauvres et illettrés qui sont allés dans des pays éloignés comme l'Afrique du Sud, l'Ile Maurice, Trinidad et Fidji en tant que travailleurs sous contrat, n'ont emporté avec eux que le Ramnam,le Shivanam et l'Hanuman Chalisa avec lesquels ils étaient familiers depuis des ages, et leurs méthodes simples de culte dévotionnel ont énormément transformé leurs vies, non seulement matériellement, mais aussi spirituellement et leur ont permis de conserver l'héritage glorieux de l'ancienne Bharat qu'ils emportèrent dans leurs colonies dans les terres lointaines. La vraie mission de ce sadhu dans la vie fut désignée par le grand Maître le jour mémorable de la célébration de l'anniversaire de Papa Ramdas dans la Caverne du Banyan sur la Montagne Arunachala le 26 avril 1988. Ce sadhu fut invité à parler à cette occasion, mais la célébration de ce jour fit jaillir une grande surprise et fit vibrer tous les dévots qui s'était rassemblés là dans l'Ashram de la Caverne. Ce fut l'apparition soudaine et la plus inattendue de Yogi Ramsuratkumar. Il annonça que le motif de Sa visite soudaine était de passer un peu de temps avec le 'Professeur'. Ce 'Professeur' s'imaginait peu que quelque chose de très inattendu devait arriver dans sa vie dans les quelques heures qui allaient suivre. Le Maître dit fraîchement aux organisateurs qu'il y avait beaucoup d'autres personnes qui pouvaient parler et il entraîna pratiquement ce sadhu de l'endroit du rassemblement jusqu'à la caverne. Et il se produisit là la plus grande 'explosion nucléaire' de la vie de ce sadhu. Le Maître l'initia dans le mantra sacré 'Aum Sri Ram Jai Ram Jai Jai Ram' qu'il avait lui-même reçu de Papa Ramdas qui s'était assis et avait médité dans la caverne même où nous étions assis. En dehors des punya accumulées dans les vies antérieures, qu'est-ce qui pouvait amener une chance aussi grande ! Mahapurusha samsmya n'est pas seulement le fait d'être assis en présence d'un grand précepteur. Se transformer en un instrument humble et efficace pour le travail du Maître est le summum bonum de ce contact. Cet humble serviteur reçut les bénédictions du Maître pour cette transformation ce jour-là quand Il le déclara 'sadhu' et instrument pour le travail de Son Père. La date de cet évènement était aussi très significative. Il arrivait à peine dix mois avant le Mahasamadhi de Mataji Krishnabai d'Anandashram en février 1989. Alors qu'il prenait congé de Lui après l'initiation, le Maître dit à ce sadhu : "Mon Père te guidera. Tu peux maintenant repartir et continuer de faire ce que tu as fait ce que tu faisais. La renonciation n'est pas de tout quitter. C'est juste de changer d'attitude envers le monde. Mon Père seul existe, rien d'autre, personne d'autre." Mon Maître avait l'habitude de dire : "Il n'est pas facile d'obtenir un Guru, un maître spirituel. Cela peut parfois prendre plusieurs vies pour avoir un maître spirituel." Mais le Maître Lui-même arrive dans la vie du disciple lorsque le temps est venu ou, en d'autres termes, lorsque l'instrument est prêt pour Son travail. Après le Mahasamadhi de Pujya Mataji Krishnabai le 12 février 1989, mon Maître désigna la grande mission de la vie de ce sadhu à laquelle il devait dédier toute sa vie. Mataji avait commencé l'énorme japa yajna qui consistait à chanter 155 milliards de fois le Ramnam Taraka, Aum Sri Ram Jai Ram Jai Jai pour la Paix du Monde et dont 17.570.000.000 avaient été accomplis avant qu'elle ne parte de son corps physique. Mon Maître suggéra à ce sadhu de s'occuper de la tâche de répandre Sa mission du nama-japa-yajna dans tout le pays et à l'étranger pour compléter le but astronomique qu'Elle avait fixé. L'Hitopadesa raconte l'histoire d'un petit
oiseau tittiba qui essayait de vider l'océan à
l'aide d'un brin d'herbe pour retrouver ses ufs perdus
emportés par les vagues. Alors que tous les autres membres
de la gent ailée se moquaient d'elle ou avaient pitié
du pauvre oiseau, le puissant Garuda, voyant l'état d'un
membre de sa propre genre, étendit les ailes et menaça
le Roi des mers qui rendit immédiatement les ufs
à l'oiseau. Cette histoire brilla dans l'esprit de ce
sadhu quand son Maître lui demanda de reprendre ce japa
yajna de 155 milliards pour mission de sa vie. Ce petit oiseau
tittiba commença de travail de propagation du Ramnam pour
atteindre le but de la Mère Divine avec le puissant Garuda
sous la forme du Maître qui se tenait à ses côtés,
attendant le moment propice pour étendre ses ailes et
voir l'atteinte du but. Pas Sa gr$ace et Ses bénédictions,
le Mouvement Mondial du Ramnam s'est étendu partout dans
le monde, même si nous avons encore un long chemin à
parcourir pour atteindre le but. Mais le Maître est là
et Il conduit de nouveau ce mendiant dans les pays lointains
pour répandre Son travail. Salutations à mon diksha guru ! Vande Mataram ! Aum Namo Bhagavate Yogi. Ramsuratkumaraya! Aum Sri Ram Jai Ram Jai Jai Ram! |